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dimanche 14 juin 2020

L'amour est un acte manqué

Et elle vécut sa vie comme une œuvre d'art, se forgeant de chaque tourment, crachant ses monstruosités et celles des autres, résistant aux tempêtes et cramant sous des soleils de nuit. Et elle les invita tous à périr ses mille morts d'amertume, à se délecter de ses sens. Et elle se fit chasseuse d'orages et jaseuse de trésors. Et elle vécut sa vie comme une œuvre d'art entre symphonies et cacophonies. Et elle vécut à perte d'écrire.

 

L'amour est un acte manqué

Auteur : Audrey Terrisse

Édition : Books on demand

Dépôt légal : mai 2020

I.S.B.N. 9782322222704

 

J'ai dû lire ce livre deux fois avant d'écrire ceci. Et je ne trouve toujours pas les mots. Je suis partagé entre la capacité de rendre beau une monstruosité, ou ma capacité à la trouver belle. Entendons-nous, je ne cautionnerai jamais qu'on puisse lever la main sur une dame, qu'on puisse la rabaisser au point qu'elle s'oublie, qu'elle attende de mourir, et j'ai trouvé ce livre parfaitement dégueulasse, j'ai été mal à l'aise autant pour ce qui y est raconté que pour l'autrice qui a dû subir tout ça. Mais c'est tellement bien écrit, tellement puissant. Ça m'a donné la rage, je ne suis pas sûr que ce soit le but recherché, ni même que ça puisse aider qui que ce soit, mais... je suis un type bête, quand je vois/lis/entends ce genre de chose, je me mets dans une colère monstre, j'ai des envies de violence. Et ça me ramène à la position du type, et ça me gêne.

C'est un bouquin très court, mais tellement épais et profond. Je suis très sincèrement désolé pour toutes ces dames qui doivent subir ça pour que des types puissent se sentir importants... J'en perds mes mots. Alors je vais m'arrêter là, battez-vous s'il vous plait, qu'aucune d'entre vous ne se laisse entraîner dans cette spirale, je vous en supplie.

 

Je ne connais pas Audrey Terrisse en vrai. Je l'ai croisée et la croise encore aux détours de divers trolls sur facebook, j'ai participé plus ou moins assidûment à ses rébus musicaux du confinement (sans grand succès il faut l'avouer) dont le rébus de la dédicace est tiré, j'ai gribouillé un peu pour elle aussi, nous nous "connaissons" depuis un Nouvember (je ne sais plus de quelle année (genre ça fait mille ans alors qu'en fait, y en a eu deux)), j'avais adoré ses textes, et j'adore ce livre malgré le malaise qu'il fait naître en moi. Continuez de continuer Audrey, et si vous avez besoin d'un soutient quelconque que je puisse apporter, n'hésitez pas à demander!!


mardi 18 février 2020

Profession romancier


Dans un essai à la fois drôle, intelligent, passionnant, Haruki Murakami se raconte et porte un regard aussi rafraîchissant que sincère sur le métier de romancier. Tout en explorant ses plus chères obsessions et en distillant des réflexions sur la littérature, la lecture et plus largement la société japonaise, l'auteur dévoile les coulisses de son quotidien, où s'imposent persévérance, patience et endurance. Une œuvre généreuse et sensible qui s'adresse à tous ceux qui sont en quête de l'homme derrière le maître, mais aussi aux curieux ou aux écrivains en herbe en mal d'inspiration!

Profession romancier
Titre original : 職業としての小説家
Auteur : Haruki Murakami
Traduction : Hélène Morita
Édition : Belfond
Dépôt légal : octobre 2019
I.S.B.N. 978-2-7144-7583-1

J'ai découvert qui est monsieur Murakami. J'ai découvert qu'il était à mille lieues de la personne que je pensais. J'ai découvert que chez lui, il n'a pas des masses de succès parce qu'il est qui il est. Je suis très, très, très amateur de ses romans, ma dame m'a fait découvrir cet auteur pour mon plus grand plaisir, je lis et relis ses romans sans jamais m'en lasser, en les redécouvrant à chaque fois. J'aime à tel point ses histoires, ses personnages, ses ambiances, que je ne comprends pas qu'on puisse ne pas aimer. Je sais, les goûts et les couleurs, mais vous en avez forcément vous aussi, des livres, films, musiques que vous aimez à tel point qu'il vous paraît impossible qu'on ne puisse ressentir la même chose que vous en les ayant. Ben quand je lis un des romans de ce monsieur, c'est exactement ce que je ressens. Et du coup, ce bouquin qui n'est pas un roman, qui n'est pas drôle non plus, est une explication de qui est ce maître (oui, je n'ai pas peur des mots) et j'ai beaucoup aimé. J'ai découvert un personnage, une personne qui me plaît beaucoup.

jeudi 17 mai 2018

Iris Grace


Iris Grace est une petite fille de 6 ans atteinte d'autisme. Pendant les premières années de sa vie, Iris reste dans son monde, inatteignable. Un jour, la famille décide d'adopter un chaton, Thula, pour lequel la petite fille se prend tout de suite d'affection. Elle communique avec lui et s'ouvre petit à petit aux autres. Et alors qu'Iris peint le monde à travers ses yeux d'artiste, Thula reste à ses côtés... Son talent créatif est impressionnant. Son histoire a conquis le monde entier.

Iris Grace
Titre original : Iris Grace
Auteur : Arabella Carter-Johnson
Traduction : Alice Delarbre
Édition : Pocket
Dépôt légal : mars 2018
I.S.B.N. 978-2-266-28503-2

Attention, pour les celles et ceux qui ne veulent pas lire un étalage de la vie de ma fille et des points négatifs de son handicap', passez votre chemin, c'est exactement ce qu'il va se passer ici. Tout d'abord, je ne connaissais pas Iris Grace avant de voir ce livre arrivé par la poste. Ma belle-mère l'a offert à ma femme. Je lis donc cette histoire qui m'interpelle un peu étant moi-même papa d'enfant particulière. C'est donc la maman qui raconte l'histoire de sa fille de son point de vue de maman, tout le début du livre, je vois les erreurs nombreuses des parents débutants (étant d'un naturel négatif je vois à quel point tous les espoirs qu'ils ont leur feront du mal plus tard ce qui ne manque jamais). Très vite, je m'attache à cette petite fille, et j'ai envie de lire de bonnes choses, aussi, toutes les anecdotes négatives me touchent, m'attristent et me donnent envie de voir du positif. Je découvre plein de points communs entre l'autisme et l'ataxie télangiectasie avec déficience en immunoglobulines A de Lou. Plein de "symptômes" qui correspondent, ce qui me permet de mieux comprendre et interagir avec ma fille (pour ça, je suis extrêmement reconnaissant envers Arabella Carter-Johnson et ma belle-mère pour avoir acheter ce livre). Puis, dans l'histoire le chat arrive, et j'ai enfin les côtés positifs tant attendus, cette petite fille me touche, et de voir son évolution (et ses œuvres parce que du coup je suis allé voir) me rend joyeux, ça me plaît de savoir qu'elle est bien dans son monde, dans sa tête (avec toutes les difficultés qu'elle va devoir surmonter toute sa vie). Maintenant, nous attaquons la partie perso où je vais me plaindre. Cette histoire est très jolie et laisse entrevoir un avenir avec des hauts et des bas mais possiblement plus de hauts, cette petite fille pourra vivre heureuse longtemps. Pas la mienne. Elle sera heureuse, elle est bien dans sa tête, dans sa vie, c'est une source de joie et de fierté permanente, mais elle ne vivra pas longtemps, elle est atteinte d'une maladie génétique très rare pour laquelle il n'y a aucun remède, peu de recherche et très peu de substituts. Ça nous permet à ma femme et moi de devenir très inventifs et réactifs, mais face à l'échéance, nous ne pouvons strictement rien. Je ne dis pas que j'envie ces parents dont les enfants ont un handicap' "non vital" mais j'ai toujours un peu de mal à accepter leurs plaintes. Je sais que c'est dur pour eux aussi, et je ne veux en aucun cas comparer, mais je pense que rien est pire que de savoir que l'on survivra à son enfant, que quoi qu'on fasse, elle ne quittera jamais le cocon familial, elle ne vivra jamais d'aventures loin de nous, qu'elle ne pourra jamais nous dire qu'elle en a marre de vivre avec nous, qu'elle voudrait avoir son appart', elle ne conduira jamais sa première voiture. Elle aura une demi-vie, et tout ce qu'on peut faire, c'est essayer de la remplir autant qu'une vie entière de bons moments, de joie et de rire. Du coup, j'ai vraiment du mal à accepter les plaintes de personnes "normales" qui ont des problèmes "normaux". Mais je le fais pour pas que Lou ait à subir cette amertume qu'elle arrive si bien à éponger en un sourire, un câlin.