vendredi 3 août 2018

Renjoh desperado 2


Monko la hors-la-loi poursuit sa route dans les plaines désertiques du Japon d’Edo. Avec sa tête mise à prix, son allure et ses aptitudes au combat, la belle au cœur d’artichaut ne passe pas inaperçue. Ceux qui croiseront son chemin, blaireaux transformistes, maréchal de police ou chefs mafieux, n’en sortiront pas indemnes. Elle non plus d’ailleurs, car les beaux gosses flingueurs, ce n’est pas ça qui manque, dans l’Ouest du shogunat Tokugawa…

Renjoh desperado 2
Scénario : Ahndongshik
Dessin : Ahndongshik
Traduction : Satoko Fujimoto
Édition : Kurokawa
Dépôt légal : juillet 2018
I.S.B.N. 978-2-368-52560-9

J’hésite quant à la direction que doit prendre ce billet. En effet, c’est plein d’humour, c’est décalé comme il faut, un peu bête, le dessin me plaît beaucoup (je dirai volontiers qu’il est génial mais je pourrais comprendre qu’on ne l’aime pas alors il me plaît beaucoup ce qui est déjà super). C’est un divertissement très efficace. D’un autre côté, il y a deux points négatifs. L’histoire de Monko. On imagine que c’est quelque chose d’un peu malheureux façon Trigun (même si dans Trigun ce n’est pas qu’un peu malheureux c’est violemment triste) mais dans ce tome on en apprend un peu plus. Ça reste assez ouvert à quelque chose de grave, mais ça a surtout l’air pas mal ridicule. Un peu comme le deuxième point qui est la fin de l’album. Ridicule. Elle tombe comme un cheveu sur la soupe, c’était amené vite fait très maladroitement et sans aucun sérieux, du coup, ça ressemble plus à un gag qu’à une fin. Du coup, je suis mitigé. Est-ce que j’insiste sur le fait que c’est drôle et divertissant ou sur le fait qu’il y a quand même des failles un peu pourries?

dimanche 29 juillet 2018

Essences ordinaires


Il vient de se faire larguer et, humilié, avec sa trentaine maussade, c’est déjà l’heure du bilan. Le moment de faire des choix. Sombrer dans un profond marasme ou devenir maître de sa vie. Flan ou phœnix, flamboyant ou fumeux, le moral en berne, il se borne à faire au mieux. Entre espoirs aigris et naufrages allègres, il se cherche. C’est une fuite en avant, une quête qui patauge. Et les autres, ceux à qui il tente de se raccrocher ? Amis foireux et amours foirées; miroirs déformants pour atrabilaire nombriliste. Des gens ordinaires traînant comme lui leurs propres petits démons.

Essences ordinaires
Auteur : Thomas Ponté
Édition : Astobelarra le Grand Chardon
Dépôt légal : septembre 2016
I.S.B.N. 979-10-90126-22-0

Nous avons ici mon moins préféré des trois. En effet, si j’ai été pris et plus que contenté par C’est occupé et Les parties honteuses qui étaient deux petits chefs-d ’œuvres à mon sens, celui-ci est moins bon. Pardon monsieur Ponté, je suis un fan (depuis peu, mais un fan malgré tout) mais je vous dois la vérité. Celui-ci est, pour moi, moins bien écrit, il n’y a pas d’attachement, ça n’a pas du tout la fluidité des deux autres. Et il n’y a aucun personnage attachant ici, peut-être parce qu’ils sont tous bêtement humains, ordinaires, et que du coup, se les coltiner en plus des ceux de la vraie vie, ça fait overdose. Je ne sais pas, ils sont très bien fait ces personnages, mais ils sont trop vrais, trop imblairables. Tous. Même chez les personnages tertiaires. C’est peut-être moi, peut-être parce que je n’aime pas les gens, que je suis trop con, trop ressemblant au personnage principal, je ne sais pas, mais j’ai moins apprécié cette satyre très juste et justifiée du monde et de la race humaine. Il y a quelques pépites malgré tout, de très bonnes choses mais c’est un peu comme regarder une émission de téléréalité sur NRJ12, ça n’a pas grand intérêt. Pardon.

PS : Je ne fais jamais ça (sauf s'il s'agit de faute d'orthographe), mais j'ai été mal compris (ça m'arrive souvent, mais là, ça m'embête un peu parce que j'ai vexé (ou un peu blessé à la manière coup dans le rostre) l'auteur et que ce n'est nullement mon intention). Ce livre n'est pas une émission tv, il est très bien fait, mais les personnages sont comparables aux protagonistes de ces émissions, et me rappellent... beh moi-même, d'où le désintérêt que j'ai éprouvé, vous pouvez lire ce livre sans peur, il est bon, il est bien meilleur que la plupart de ce que l'on trouve de nos jours, juste un peu moins bon que les deux autres à mon sens.

mardi 24 juillet 2018

Les parties honteuses


Mon-Con-sur-Glissière est une petite ville triste et ennuyeuse où vit Karl, un facteur trentenaire. Avec ses deux seuls amis, il passe beaucoup de temps à boire. Il déteste son travail, ses collègues, et surtout une vieille femme raciste et acariâtre qu'il livre souvent : Gisèle Grisot. Un jour, cette dernière lui annonce que sa petite-fille, Cindy, va venir passer quelques temps chez elle. Les erreurs de Karl et les démons de Cindy vont perturber leur routines respectives, dans un sens qu'ils n'imaginaient pas. Seul un aspect de la vie du facteur restera inchangé : des démangeaisons annales chroniques.

Les parties honteuses
Auteur : Thomas Ponté
Édition : Astobelarra le Grand Chardon
Dépôt légal : avril 2014
I.S.B.N. 979-10-90126-12-1

De nouveau un excellent bouquin écrit par l'auteur de C'est occupé. D'accord, celui-ci est bien moins récent, mais j'écris en fonction de mes lectures. Quoi qu'il en soit, nous avons ici un/une excellente/excellent roman/thriller/tranche de vie/caricature/satyre. Oui, il y a tout ça dans 170 pages, il est vraiment bon ce monsieur Ponté. Il y a une grande surprise dans ce livre, vous vous souvenez Gisèle (que je souhaitais ardemment voir mourir dans C'est occupé) ben c'est pas tellement qu'elle est plus aimable ici, mais je l'ai beaucoup plus appréciée, elle m'a bien fait rigoler. Comme dans le précédent, tous les personnages sont géniaux, très vrais, très humains (et c'est quand même fort je trouve, surtout que si j'y réfléchis un peu, il n'y a que Rémi qui m'est apparu comme étant sympathique (vraiment sympa j'entends)). J'ai adoré et j'attaque direct le suivant qui ne me semble pas être avec les mêmes personnages, mais je serai peut-être surpris.

mercredi 11 juillet 2018

C'est occupé


Nous sommes en 1943 après Jésus-Christ. Toute la France est occupée par les Nazis... Toute? Oui! L'envahissant voisin germain a tiré un trait sur la ligne de démarcation et la zone sud, dite libre, voit ses conditions de vie se durcir lorsque la politique appliquée au nord lui est imposée. Une petite ville peuplée d'irréductibles résistants et de collabos bien fumiers entre alors à pieds joints dans la grande marmite de l'Histoire, avec ses gloires tapageuses et ses hontes silencieuses. Au cœur de ce bouillon mondial, là où certains se battent pour la liberté ou tentent simplement de s'en sortir, d'autres profitent de la situation pour lâcher la bride à leurs plus bas instincts. C'est le cas d'une fillette d'une dizaine d'années dont la seule ambition est de pourrir la vie de ses congénères.

C'est occupé
Auteur : Thomas Ponté
Édition : Astobelarra/Le Grand Chardon
Dépôt légal : juin 2018
I.S.B.N. 979-10-90126-28-2

Attention, c'est une pépite! D'habitude, je n'aime pas les médias (je suis pas raciste, livre/BD/film/jeux vidéos) qui traitent de la deuxième guerre mondiale. Je trouve que le sujet est épuisé depuis très longtemps, se souvenir c'est bien, faire des rééditions des infos que l'on a déjà alors qu'il y a tant à dire, c'est ce qui se passe et c'est dommage. Mais pas ici. Ici, nous avons une tranche de vie, une tranche de ville, et c'est très intelligemment fait. La guerre est un décors, et dans ce décors, il y a des vies, des vies très réalistes, à tel point que ça pourrait même faire documentaire, en effet, les personnages sont parfaits, ils ont les barrières qu'on avait avant l'air de l'information, ils sont pourris (pour la grande majorité) ou ce sont des héros qui n'aiment pas les Hommes (pour les autres). Les petites attentions, les relations sont très vraies très humaines. La barrière de la langue est là. C'est très bien fichu comme bouquin, et je crois bien que je vais me faire tous ses autres livres à ce monsieur. Je suis cité à la fin de ce livre, et j'en suis fier, parce que c'est un livre qu'il faut avoir et lire.
J'en remets une petite couche, dans ce bouquin, il y a tout. L'ambiance morne de la guerre, de l'humour qui fait malgré tout bien rigoler, on s'attache à des personnages, on voudrait en voir d'autres souffrir mille tortures, et comme dans la vraie vie, on est pas souvent exaucé. Le personnage de Gisèle (spoiler alert) j'ai attendu tout le bouquin qu'elle (pardon pour le langage) crève la gueule ouverte mais non!! Et ce qui est encore plus élégant, c'est que l'auteur nous aide dans nos affinités, sans même s'en cacher, sans pour autant qu'on se sente obligé de suivre ses directives. C'est vraiment un excellent bouquin, merci Etienne de m'avoir encouragé, et merci monsieur Ponté pour ce travail grandiose.


dimanche 1 juillet 2018

Hillbilly 2


Rondel est un vagabond aveugle, qui en réalité comprend et voit le monde bien mieux que le commun des mortels. Rondel est un solitaire, armé d'un hachoir géant - dont on prétend qu'il a été dérobé au Diable lui-même - qui pourchasse créatures magiques et autres sorcières maléfiques. Rondel est même devenu un héros de folklore pour ceux qui osent errer à l'orée du monde des rêves. Mais Rondel est également bien plus que cela...

Hillbilly 2
Scénario : Eric Powell
Dessin : Eric Powell, Simone Di Meo, Steve Mannion
Couleur : Eric Powell, Warren Montgomery
Traduction : Nick Meylaender
Édition : Delcourt
Dépôt légal : juin 2018
I.S.B.N. 978-2-413-00160-7

Je suis un peu embêté avec ce tome. Il est génial, les histoires sont très bonnes, bien faites, le dessin est sublime (même la partie en 3D n'est pas gênante sans lunette, ça reste très lisible et ça sert le propos). Par contre, bah ça n'apporte rien. J'espère très fort que ça ne va pas être une série qui tourne en rond et qui n'avance jamais, parce que là, bah ça n'apporte rien au truc. Il y a un cliffhanger à la fin, mais j'ai même pas le truc de me dire qu'il me faut la suite de suite. Ça peut attendre... Est-ce que ce n'est pas super triste? Attention, j'ai beaucoup apprécié la lecture de ce tome, mais il n'y a pas eu le Powell effect... À suivre donc.

jeudi 28 juin 2018

Blue giant 1


Dai Miyamoto, un élève de terminale qui s'est pris de passion pour le jazz, joue du saxophone sans relâche au bord de la rivière. Matin et soir, jour après jour, année après année, sous la pluie ou la chaleur torride. "Je deviendrai le meilleur jazzman du monde!" L'histoire commence sur les berges de la rivière Hirose, à Sendai...

Blue giant 1
Scénario : Shinichi Ishizuka
Dessin : Shinichi Ishizuka
Traduction : Anne-Sophie Thévenon
Édition : Glénat
Dépôt légal : mai 2018
I.S.B.N. 978-2-344-02551-2

J'ai été attiré par la couverture, puis le pitch m'a invité à acheter cet album, ce que j'ai fait. Et j'en suis ravi. En le lisant, j'avais l'impression de lire une nouvelle de Haruki Murakami, mais façon extrêmement légère. C'est très agréable comme lecture, d'autant plus qu'on a aucune idée, jusqu'à la fin de cette introduction, de la manière de jouer du personnage. On ne sait pas s'il est très bon ou excessivement mauvais, on ne le découvre qu'à la fin, encore que ça ne résolve pas totalement le mystère. C'est très bien écrit, le dessin est superbe, j'adore, vraiment.

vendredi 22 juin 2018

Martiens, go home!


Enfermé dans une cabane en plein désert, Luke Devereaux, auteur de science-fiction en mal d'invention, invoque désespérément sa muse - de toute évidence retenue ailleurs - quand soudain... on frappe à la porte. Et un petit homme vert, goguenard, apostrophe Luke d'un désinvolte "Salut Toto!". Un milliard de Martiens, hâbleurs, exaspérants, mal embouchés, d'une familiarité répugnante, révélant tous les secrets, clamant partout la vérité, viennent d'envahir la Terre. Mais comment s'en débarrasser?

Martiens, go home!
Titre original : Martiens, go home!
Auteur : Fredric Brown
Traduction : Alain Dorémieux
Édition : Folio
Dépôt légal : novembre 2017
I.S.B.N. 326-0-05-088884-4

Il s'agit d'un bouquin gratuit. Pourquoi est-ce gratuit alors que la qualité est exceptionnelle? Je n'en sais rien. C'est une nouvelle plus qu'un roman, mais l'écriture est très naturelle, assez rigolote, très légère et très fluide. Ça se lit très vite (même pour moi), l'histoire est très bonne, les personnages sont super attachants et bien construits. J'ai adoré ce bouquin, et je le conseille grandement, c'est assez rare comme livre, une histoire de sf comique mais très réfléchie, très intelligente. J'adore.


dimanche 17 juin 2018

Batman : The dark prince charming 2


Batman : The dark prince charming 2
Scénario : Enrico Marini
Dessin : Enrico Marini
Couleur : Enrico Marini
Traduction : Jérôme Wicky
Édition : Dargaud
Dépôt légal : juin 2018
I.S.B.N. 978-2-5050-7138-9

Une très belle histoire. Un happy end avec des allures de doutes et de remise en question. L'histoire est très belle, très bien écrite, elle colle à l'univers du Batman mais a un petit plus. En fait, il s'agit vraiment d'un conte avec toutes ses différentes couches de lecture. Il y a l'histoire comme on peut la lire de manière basique, du Batman pur et dur, un gentil contre un méchant avec entre les deux une jeune fille courageuse. Il y a la lecture avec questionnement qui nous fait nous demander si le gentil est bien gentil, si le méchant a bien de mauvaises intentions (il est méchant, c'est le Joker, mais l'est-il vraiment dans cette histoire, je n'en suis pas si sûr). Tout plein de points qui restent à éclaircir mais ne le seront jamais. C'est très beau, graphiquement aussi, c'est sublime (mais c'est Marini alors c'est normal). Je voudrais vraiment qu'il en fasse d'autres, parce que DC Comics a vraiment besoin de ce genre de petits bijoux en ces moments de grande crise de qualité. Un véritable chef d'œuvre que je conseille vivement!!

samedi 16 juin 2018

Barney et la note bleue


Barney et la note bleue
Scénario : Philippe Paringaux
Dessin : Loustal
Couleur : Loustal
Édition : Casterman
Dépôt légal : janvier 1987
I.S.B.N. 2-203-38814-5

Un sublime album. Un de ces albums qui racontent une sale histoire d'un type qui n'a pas ce qu'il faut pour vivre correctement. Un musicien qui accorde trop d'importance à la musique, sans se rendre compte qu'il faut des personnes pour l'écouter. Que sans personne, la musique n'est rien. Il ne sait pas gérer ses relations, du coup, il fait souffrir tout le monde et quand on le fuit, il ne comprend pas et souffre à son tour. Sa musique étant sa seule véritable amie, elle finit par l'abandonner aussi. C'est sublimement moche comme histoire. Barney est un personnage infect, les gens qui l'entourent aussi. Mais la musique qui en sort est belle. J'adore cet album, il est magnifique.

Je n'ai jamais rencontré monsieur Loustal. Cette dédicace m'a été offerte par monsieur Bernard Laclau-Lacrouts (un monsieur que j'apprécie beaucoup même si je ne l'a plus revu depuis trop longtemps) il y a très longtemps. Avec une superbe dédicace. C'est un très beau cadeau et je l'en remercie encore aujourd'hui.

vendredi 15 juin 2018

Street fighter II 1 La voie du guerrier


Poursuivant leur enquête sur les activités de Shadaloo, Guile et Chun-Li, épaulée par Cammy White, s'apprêtent à remonter la piste des Dolls de M. Bison, ressuscité après son dernier combat contre Charlie Nash. Après sa défaite contre Akuma, Ryu reprend la voie du guerrier à la recherche des techniques qui lui permettront de vaincre l'assassin de son maître Gouken. Sa prochaine étape le mène jusqu'en Inde, auprès d'un certain maître Dhalsim.

Street fighter II 1 La voie du guerrier
Scénario : Ken Siu-Chong
Dessin : Arnold Tsang, Alvin Lee, Skottie Young, Keron Grant, Andy Seto, Chris Stevens, Mark Lee
Couleur : Arnold Tsang, M3th, Espen Grundetjern, Skottie Young, Danimation, Andy Seto, Kevin Yan, Mark Lee
Traduction : Mathieu Auverdin
Édition : Urban Comics
Dépôt légal : mai 2018
I.S.B.N. 979-1-0268-1500-6

Commençons par là où ça pique. Je ne sais pas si c'est le traducteur ou la/le lettreuse/lettreur qui est en cause mais c'est du gros n'importe quoi au niveau de l'orthographe. Toute la première moitié de l'album, on dirait que les dialogues ont été refilés à Ribery... Voilà, ceci étant dit, revenons-en à nos moutons. Tout d'abord l'histoire. Elle est bonne. Étonnamment. Ce n'est pas comme pour la première série, une enfilade de bagarres mal faites. Ici, il y a une histoire pas mal faite (ce n'est pas grandiose, rien de révolutionnaire, ça reste un jeu de baston hein), qui se tient et qui est bien mise en scène. Le dessin est lui aussi bien meilleur (et pas que l'interlude de Skottie Young, tous les dessins). En bref, c'est largement meilleur que la série précédente, et ça laisse présumer du bon pour la suite qu'il me tarde de lire.